Audit énergétique entreprise : quels outils et méthodes de mesure ?
Derrière un audit énergétique, des instruments de terrain, des plateformes de suivi et un protocole de mesure reconnu : le point sur les moyens concrets mobilisés.
L'essentiel à retenir
- Un audit s'appuie sur des instruments de terrain : débitmètre, caméra thermique, sondes de température...
- Il répond souvent à une obligation réglementaire : décret tertiaire, loi DDADUE, décret BACS, ou ISO 50001
- Des plateformes partenaires permettent de suivre les consommations dans la durée
- Le protocole IPMVP encadre la mesure et la vérification des économies d'énergie
- Cet article ne traite pas le choix STD/SED du décret tertiaire, couvert dans un autre décryptage
Un audit énergétique entreprise ne se limite pas à une visite de site : il mobilise des instruments de mesure, des plateformes de suivi et une méthode de pilotage structurée. Il répond souvent, en plus, à une obligation réglementaire propre. Ce décryptage présente les outils concrets utilisés par Eden Green, du relevé de terrain au suivi dans la durée.
Demandez un auditLes instruments de mesure utilisés lors d'un audit
Un audit énergétique s'appuie sur plusieurs instruments de mesure de terrain, choisis selon les équipements et les usages du bâtiment étudié : débitmètre, caméra thermique, sondes de température, instruments de mesure électriques non intrusifs, multimètre ou encore vitromètre. Ces relevés permettent d'objectiver le fonctionnement réel des installations, au-delà des données théoriques.
Panorama des réglementations énergétiques
Décret tertiaire, DDADUE, BACS : retrouvez le cadre réglementaire qui motive le suivi de vos consommations.
Ces mesures de terrain sont ensuite recoupées avec des logiciels de simulation pour construire un bilan énergétique complet et visuel du bâtiment.
Les audits énergétiques réglementaires
Au-delà d'un diagnostic volontaire, un audit énergétique répond souvent à une obligation réglementaire propre, avec un périmètre et une méthode distincts selon le texte concerné. Le décret tertiaire impose un audit pour bâtir le plan d'actions permettant d'atteindre les objectifs de réduction de consommation. La loi DDADUE impose, elle, un audit énergétique réglementaire distinct aux grandes entreprises, à ne pas confondre avec celui du décret tertiaire. Le décret BACS impose quant à lui l'installation de systèmes d'automatisation et de contrôle, dont le suivi s'appuie sur les plateformes de management de l'énergie présentées plus bas dans cet article.
En dehors de toute obligation, une entreprise peut aussi engager cette démarche volontairement dans le cadre d'une certification ISO 50001, qui prévoit notamment la réalisation d'un audit blanc préalable à l'audit de certification.
Chacune de ces réglementations a son propre périmètre, ses propres échéances et sa propre méthode : ce décryptage ne les détaille pas à nouveau ici, chacune faisant l'objet d'un article dédié.
Plateformes de suivi des consommations énergétiques
Au-delà des mesures ponctuelles, des plateformes partenaires permettent de visualiser et de suivre dans la durée les consommations énergétiques d'un ou plusieurs sites. Ce suivi continu vient compléter les relevés effectués lors de l'audit, pour objectiver les évolutions dans le temps plutôt qu'une simple photographie à un instant donné.
Ce type de plateforme, ou SME (Système de Management de l'Énergie), ne fonctionne pas seul : il s'alimente par la collecte des mandats auprès des distributeurs, fournisseurs et d'OPERAT, puis par la récupération des consommations, des appels de charge et des données contractuelles d'énergie. Une fois interfacé avec la GTB du bâtiment, ce type de système permet aussi de répondre aux exigences de suivi, d'enregistrement et d'analyse attendues par le décret BACS.
Concrètement, une plateforme de ce type centralise les données énergétiques via un tableau de bord dynamique par site (consommation par m², économies réalisées, actions à venir), une cartographie multi-sites du patrimoine, et une gestion des alertes classées par niveau de criticité pour repérer rapidement une dérive ou une anomalie.
Le pilotage et le protocole IPMVP
Une fois les données collectées, un Energy Manager peut piloter les consommations énergétiques d'un site : il s'appuie sur la connaissance de l'équipe d'exploitation pour identifier les dérives énergétiques, notamment via l'analyse des courbes de charge, puis pour analyser les situations et proposer des optimisations. Cette mission inclut le calcul de l'impact financier de ces dérives et du retour sur investissement des actions envisagées, ainsi que le suivi selon le protocole IPMVP (International Performance Measurement and Verification Protocol), qui permet notamment de corréler les consommations mesurées avec des facteurs d'influence comme les degrés-jours unifiés (DJU) ou le taux d'activité du site, afin d'isoler la part réelle des économies d'énergie obtenues.
Pour un rappel de la méthodologie de simulation propre au décret tertiaire (choix entre simulation thermique statique et simulation énergétique dynamique), l'article dédié d'Eden Green à l'audit énergétique décret tertiaire détaille cet aspect réglementaire, distinct de l'instrumentation de terrain présentée ici.
Questions fréquentes sur les outils de l'audit énergétique entreprise
Quels instruments sont utilisés lors d'un audit énergétique en entreprise ?
Un audit énergétique s'appuie sur des instruments de mesure de terrain : débitmètre, caméra thermique, sondes de température, instruments de mesure électriques non intrusifs, multimètre ou encore vitromètre, selon les équipements et les usages du bâtiment étudié.
À quoi servent les plateformes de gestion des consommations énergétiques ?
Ces plateformes, ou SME (Système de Management de l'Énergie), permettent de visualiser et suivre dans la durée les consommations énergétiques d'un ou plusieurs sites, en s'alimentant des données collectées auprès des distributeurs, fournisseurs et d'OPERAT. Interfacées avec la GTB, elles répondent aussi aux exigences de suivi du décret BACS.
Qu'est-ce que le protocole IPMVP ?
L'IPMVP (International Performance Measurement and Verification Protocol) est un protocole de référence utilisé pour mesurer et vérifier les économies d'énergie réalisées. Il permet notamment de corréler les consommations avec des facteurs d'influence comme les degrés-jours unifiés (DJU) ou le taux d'activité du site, pour isoler la part réelle des économies obtenues.
Un audit énergétique volontaire et un audit réglementaire, est-ce la même chose ?
Non : le décret tertiaire, la loi DDADUE et le décret BACS imposent chacun un audit ou une obligation propre, avec un périmètre et une méthode distincts. Une entreprise peut aussi engager un audit énergétique volontairement, notamment dans le cadre d'une certification ISO 50001.
Cet article couvre-t-il la méthode de simulation énergétique du décret tertiaire ?
Non : le choix entre simulation thermique statique (STD) et simulation énergétique dynamique (SED) pour le décret tertiaire est traité dans l'article dédié d'Eden Green sur l'audit énergétique décret tertiaire. Ce décryptage-ci porte sur les instruments de mesure de terrain et le pilotage, pas sur cette méthodologie réglementaire.
Qui exploite les données recueillies lors de l'audit ?
Chez Eden Green, un Energy Manager peut piloter les consommations énergétiques d'un site à partir de ces données : il détecte les dérives, propose des optimisations et calcule le retour sur investissement des actions envisagées, en lien avec les équipes techniques d'exploitation.